Tiré du Colloque AFEEB – Février 2005 – Bruxelles –
Bulletin 2006
Papier_050409.doc
Réflexions inachevées sur la
« Conscience ».
P.
Leroy
Liminaire
« Gloire à Toi, ô Seigneur mon Dieu!
N'abaisse pas celui que Tu as élevé par le pouvoir de ton éternelle souveraineté
et n'écarte pas de Toi celui que Tu as fait pénétrer dans le tabernacle de ton
unité. Rejetteras-Tu loin de Toi celui que Tu as abrité dans ta souveraineté et
renverras-Tu loin de Toi, ô mon Désir, celui dont Tu as été le refuge ? Peux-Tu
dégrader celui que Tu as élevé, ou oublier celui que Tu as rendu capable de se
souvenir de Toi ? Glorifié, immensément glorifié sois-Tu! Toi qui de toute
éternité as été le roi de la création et son premier moteur, et qui demeures
éternellement le Seigneur de toutes choses créées et leur ordonnateur. Glorifié
es-Tu, ô mon Dieu! Si Tu cesses d'être miséricordieux envers tes serviteurs, qui
donc leurs témoignera de la miséricorde, et si Tu refuses de secourir ceux que
Tu aimes, qui pourra leur venir en aide ? Glorifié, immensément glorifié
sois-Tu! Tu es adoré en ta vérité et c'est Toi, en vérité, que nous adorons
tous. Ta Justice est évidente et tous nous en portons témoignage. Tu es, en
vérité, bien-aimé dans ta grâce. Il n'y a pas d'autre Dieu que Toi, l'Aide dans
le péril, Celui qui subsiste par Lui-même. »
Bahá’u’lláh [16]
Contexte
Le thème principale de ce deuxième colloque de l’AFEEB est « Transformations de la société et du
monde Bahá'í : quelle place pour l'individu
? ».
Tout système organisé, concret ou abstrait, au sein de notre monde
contingent est vivant et donc en mouvement. Cela veut dire qu’il naît, se
transforme sans cesse et meurt, car soumis à la loi implacable de
l’espace-temps. Mais s’il est vrai que tout système meurt dans sa forme au sein
de l’Espace/Temps, il est vrai (au moins pour les croyants en une vie éternelle)
que cette forme continue son évolution dans le royaume de Dieu sur un autre plan
de subtilité, sa « forme pensée ». Par ailleurs, il en est pas moins
aussi vrai que cette forme a la possibilité de se multiplier au travers d’une
descendance, et donc d’une certaine manière de perdurer, de se transformer et
d’évoluer dans la réalité de l’Espace/Temps, d’où cette première relation
intéressante à développer entre l’individu et le groupe, entre conscience
individuelle et conscience de groupe ou conscience collective, et d’une manière
plus générale entre la partie et l’ensemble. Il nous semble qu’une des forces
majeures qui sous-tend ce mécanisme de transformation, à travers la loi de
l’évolution, est justement l’émergence et le développement de la conscience.
Nous sommes même convaincu que le but essentiel de la vie est le développement
de cette conscience au niveau planétaire comme le suggère
« Ô mon Dieu ! Tu me vois m'accrochant à toi,
détaché de tout sauf de toi. Guide-moi dans mes décisions afin qu'elles me
soient profitables, pour la gloire de ta Cause et l'élévation de tes
serviteurs. » [1]
Nous voulons croire que Bahá’u’lláh, en parlant de « l’élévation de ses
serviteurs », parle en fait ici de l’élévation de la conscience
humaine, de la conscience de l’humanité. Et parlant de « la
gloire de Sa Cause » il fait ici allusion au Monde des
Manifestations au seuil duquel nous devons, d’une manière ou d’une autre, toutes
et tous arriver. « Par l’apparition de l’esprit dans le corps,
ce monde devient lumineux.» Abdul’Bahá [4]
Thème
Toute réflexion s’appuie et renvoie à des mots,
c'est-à-dire des concepts ou idées qui sont autant de models, de représentations
d’une réalité, qui touchent soit le monde manifesté ou sensible (notre monde
physique qu’étudient les sciences), soit le monde non manifesté ou non sensible
(le monde abstrait pour certain, le monde Divin pour d’autres et que traitent la
philosophie et notamment la métaphysique, l’ésotérisme et les religions). Toute
réflexion est donc à la fois épistémologique puisqu’elle s’appuie sur des
concepts qui ont leurs propres évolutions intrinsèques, et ontologique
puisqu’elle essaie de construire et/ou reconstruire un modèle qui tente de
représenter soit un objet physique, soit un objet abstrait, c'est-à-dire une
connaissance ou un ensemble de models et la relation entre ces
models.
Une réflexion sur la conscience nous renvoie inévitablement à un
questionnement sur notre propre nature, nature divine ou spirituelle et nature
animale ou physique. C’est une question essentielle car une tentative de réponse
doit donner sens à notre existence, à notre sentiment d’être et finalement à
notre propre finitude, à notre propre mort note
1.
note 1 « O
fils de l’Être suprême ! De la mort j’ai fait pour toi une messagère de
joie. Alors, pourquoi t’affliges-tu ? J’ai fait la lumière pour qu’elle
t’illumine de sa splendeur. Pourquoi te voiles-tu
devant-elle ? » - Bahá’u’lláh [14 – verset 1.32] ; « O
fils de l’homme ! Tu es mon bien et mon bien ne périt pas ; pourquoi
donc crains-tu de mourir ? Tu es ma lumière et ma lumière ne s’éteindra
jamais ; pourquoi crains-tu l’extinction ? Tu es ma robe et ma robe
jamais ne s’usera. Reste ferme en ton amour pour moi afin de me trouver au
Royaume de Gloire. »
Bahá’u’lláh [14 – verset 1.14]
Mais au-delà de notre cas particulier, notre rang
d’homme, la question se pose en des termes identiques pour toutes choses
créées : minérales, végétales, animales, pour le monde et l’univers dans
lequel se monde naît, se déploie et se meurt.
Une réflexion sur la conscience et l’effort que chacun d’entre nous
pourra mener tout au long de sa vie terrestre pour élever sa conscience propre,
et par voie de conséquence la conscience de la société dans laquelle il vit,
contribue à combattre les préjugés et l’ignorance : deux terribles méfaits
humains qui ne peuvent conduire qu’à la violence et donc à la souffrance et
ainsi inévitablement au cycle infernal des guerres quelques soient leurs degrés
d’amplitude, aux niveau des personnes ; des groupes sociaux ou
corporations, des Etats ou des Fédérations d’Etats.
« L'ignorance est la cause première des
méfaits: c'est la raison pour laquelle nous devons nous tenir fermement aux
instruments de la perception et du savoir. L'intégrité morale doit être
enseignée. La lumière doit être propagée afin que, à l'école de l'humanité, tous
puissent acquérir les caractéristiques célestes de l'esprit et constater par
eux-mêmes que, sans nul doute, il n'est pas d'enfer plus terrifiant ni d'abîme
plus ardent que de posséder un tempérament mauvais et corrompu; qu'il n'est pas
de fosse plus ténébreuse ni de tourment plus abhorré que de manifester une
nature condamnable. » Abdu'l-Bahá [2]
Développement
I. Qu’est que la
conscience ?
L’objet même de cette étude est justement de tenter de
répondre à cette vaste question. Ainsi, notre étude doit porter dans un premier
temps sur une première définition simple du mot conscience. La définition d’un
mot utilise d’autres mots qu’il est nécessaire de définir à leurs tours et ainsi
de suite. Pour cela nous pouvons utiliser dans un premier temps
tout simplement le dictionnaire [3]. Quelque
soit le mot de départ, c’est toujours un exercice très intéressant et qui peut
parfois nous amener dans un long et magnifique voyage.
Le terme conscience vient du latin conscientia qui renvoie à science. La
science (lat. sciencia) est définie
comme un ensemble cohérent de connaissances relatives à certaines
catégories de faits, d’objets ou de phénomènes obéissant à des lois vérifiées
par des méthodes expérimentales. La science s’appuie donc sur des mesures et
l’explication cohérente de celles-ci. Science renvoi à connaissance et à
connaître du latin cognoscere.
Connaître renvoi d’une part à savoir, du latin sapere, et d’autre part à idée, du latin
idea. Nous pouvons associer à
savoir quatre définitions : 1. être instruit, c'est-à-dire être
informé des données, des faits note
2 ; 2. pouvoir, c'est-à-dire posséder les
talents et les moyens de travailler avec ces données et ces faits, notamment
mettre en œuvre des processus expérimentaux afin de vérifier les lois relatives
aux faits, objets et phénomènes ; 3. la mémoire qui permet de relier ces
données et ces faits au passé et les mettre en perspective (mécanisme de
déduction) ; 4. Prévoir enfin,
qui permet d’anticiper l’avenir à partir de la réflexion sur ces données et ces
faits à la lumière du passé (mécanisme d’induction ou inférence). L’homme
cherche désespérément à prévoir, anticiper son futur pour mieux s’y adapter et
le contrôler, pour son propre bénéfice.
note 2 Il serait fort intéressant de développer le concept de fait, car un fait s’il est objectif par lui-même, est par définition subjectif par sa perception. Hors l’être perçoit le fait au travers de ses sens d’une part, mais également au travers de sa culture, de son histoire personnelle, toutes deux étant par définition contingentes. Nous voyons chacun le fait à partir d’un certain angle de vue. Pour cette raison le fait n’est pas tangible mais relatif et c’est pour cela qu’il est si difficile d’appréhender le réel et de le comprendre, surtout de le comprendre de la même manière et ainsi de pouvoir partager une vision commune.
Le savoir manipule des idées. Avoir une idée est
l’action de rendre sensible quelque chose au moyen d’une figure, d’un symbole,
d’un signe note 3.
note 3 Cette notion est extrêmement délicate mais importante
pour la suite de cette étude. Si avoir une idée est l’action de rendre sensible
quelque « chose », cela revient à dire que cette « chose »
préexiste dans une dimension non sensible. Une idée serait donc l’actualisation
sensible d’une « chose » préexistante non sensible, au travers le plus
souvent d’une forme abstraite (figure, symbole, signe) dans un premier temps,
puis parfois concrète (manifestation matériel, biologique ou physique). Abdul’Bahá dans les leçons de
Saint-Jean-d’Acre parle de trois formes de préexistence : la préexistence
de l’Essence ; la préexistence du Temps et la préexistence de
Une idée est une représentation d’une pensée ; de
penser, du bas latin pensare. La
pensée note 4 est une faculté de l’esprit.
note 4 Selon Bertrand Vergely « la pensée qui a
servi de cadre mental à l’Antiquité constitue le fondement de la civilisation
occidentale. Elle s’est développée entre le VIe siècle av. J.-C.,
lorsque sont apparus les premiers philosophes, et le Ve siècle apr.
J.-C., date à laquelle Saint
Augustin (354-430) écrit
Esprit, du latin spiritus, renvoie d’une part au concept
d’âme qui vient du latin anima
et qui signifie souffle, vie ; et renvoie d’autre part à la notion
d’intelligence du latin intelligere et qui signifie la faculté
de saisir par la pensée, de comprendre. Comprendre, du latin comprehendere renvoie « à saisir le
sens de » et concevoir du latin concipere, qui signifie prendre, se
représenter par la pensée, c'est-à-dire utiliser sa raison note 5 (lat. ratio ; grec logos), élaborer dans son esprit. Ici la
boucle est bouclée, intelligence et concevoir renvoie tous deux à mental
du bas latin mentalis (de mens,
mentis), siège de la raison, et nous retombons ainsi sur le mot esprit.
note 5 Au VIe
siècle av. J.-C. un évènement qui va changer le cours du monde se produit :
des hommes entreprennent de se diriger dans la vie en se fondant uniquement sur
leur raison. Selon Karl Jaspers
(1883-1969), cet évènement a lieu presque simultanément partout dans le
monde : En Chine, Lao Tseu (v.
572 – v. 490 av. J.-C.) développe une sagesse qui fait appel à la prise de conscience personnelle. En
inde, Bouddha (566 – v. 480 av.
J.-C.) enseigne qu’il faut pratiquer une transformation de soi-même et non vivre
de façon extérieure. En Israël, le prophète Isaïe (746 – 701 av. J.-C.) rappelle
que l’homme religieux doit avant tout être un homme moral luttant pour la
justice. Partout des sages invitent les hommes à une prise de conscience. [6]
Etymologiquement il y a donc deux racines latines au mot
esprit : spiritus et mentis (ce dernier issu du bas latin).
Il semble que quelque soit le chemin que notre réflexion puisse prendre, nous
retombons systématiquement sur cette polarité ou dialectique entre une réalité
transcende (que l’on peut associer à l’esprit Spiritus) et une réalité
physique (associée dans ce cas à l’esprit mentis). Ainsi, aborder le
thème de la conscience revient à réfléchir sur la relation entre Science et
Religion : le monde sensible objectif (« visible » ou extérieur –
« le dehors » de P. Teilhard
de Chardin (1881-1955)) et le monde non sensible subjectif
(« invisible » ou intérieur – « le dedans » de P. Teilhard
de Chardin [5]).
Donc, penser consciemment c’est être présent à tout ce
que l’on fait. C’est dans cet état d’éveil et de vigilance que l’homme commence
à voir et à faire des découvertes. En pratiquant un retour sur soi, il est
possible de faire jaillir un nouveau rapport au monde. Martin Heidegger (1889-1976) a rappelé
que logos (raison), signifie
originellement « rassemblement », « recueillement ». Pour
les penseurs de l’Antiquité vivre dans la raison voulait dire vivre dans
l’harmonie créée par le rassemblement sur soi provoqué à la suite d’une prise de
conscience de sa vie. Selon Héraclite
d’Ephèse (v. 576 – v. 480 av. J.-C.), l’homme qui n’est pas éveillé vit
replié dans son monde. L’homme éveillé vit au contraire ouvert au monde commun
des hommes. On peut dire qu’une prise de conscience s’est faite aux environs de
600 ans avant notre ère. [6]
II. Postulats et
hypothèses de travail
Dans cette présente étude nous prendrons comme modèle de
réflexion, à la lumière des Enseignements de Bahá’u’lláh et de ses
disciples, notamment l’œuvre considérable de J.M. Lepain :
Archéologie du royaume de Dieu, un modèle de trois mondes :
1. le monde de
l’Essence Divine, le monde de Dieu Omniscient et Omnipotent (que nous pouvons
associer au principe chrétien de « Père »), sur lequel rien ne peut
être dit.
2. le monde non
sensible, le monde des Réalités Essentielles, le monde des Manifestations,
émanation du monde de l’Essence Divine (que nous pouvons associer au principe
chrétien de « Saint Esprit »), sur lequel rien également ne peut être
dit, si ce n’est la lecture des Textes Sacrés offerts par les Manifestations de
Dieu à l’Humanité dans le cours de sa croissance et de la révélation
progressive.
3. Enfin, le
monde sensible (Espace/Temps, le monde de la forme), le monde de
l’Être
note
6, actualisation du monde des
Manifestations (que nous pouvons associer au principe chrétien de
« Fils »).
note 6 La première question
que les penseurs de l’Antiquité se sont posée est celle de savoir ce qu’est la
réalité. Cette question, les philosophes l’ont intitulée par la suite la
question de l’Être. C’est elle que l’on trouve au cœur de la métaphysique, cette
discipline qui s’efforce de connaître le fondement ultime de ce qui est. Au
VIe siècle av. J.-C., c’est la question que s’est posée Parménide d’Elée (v. 504 – v. 450 av.
J.-C.) et c’est avec cette question que la philosophie a véritablement prit son
essor. Il est intéressant de souligner que Parménide d’Elée obtiendra la réponse
à sa question grâce à l’intercession d’une divinité céleste au travers d’un songe, vision qu’il nous relatera dans
son poème De la nature. En
résumé, l’Être est. Le non-Être n’est pas et il ne faut pas confondre le
non-Être et le néant. Enfin, l’Être et
C’est de ce troisième monde dont il est question ici, le
monde de l’Être qui peut être représenté par l’humanité entière ou une
composante de celle-ci à savoir l’individu, l’Homme note 7.
note 7 Pour Socrate (v. 485 – v. 411 av. J.-C.),
être un homme ce n’est pas dire « je », mais dire « je
pense ». Car l’homme véritable est celui qui sait ce qu’il fait. Il est
présent à sa vie par sa conscience. Accéder à cette conscience ne va pas de soi.
Pour y parvenir, il faut accepter que le fond de nous-mêmes ne soit pas quelque
chose que l’on puisse toucher, voir ou sentir, mais quelque chose d’invisible,
d’immatériel, de spirituel en un mot. Il faut également accepter que quelque
chose soit donné avant nous-même qui ne soit pas nous-même et qui néanmoins,
nous permette d’être nous-mêmes. Pour Socrate l’homme ne peut pas se confondre
avec son corps. Socrate a cherché à soigner les âmes de son temps en les
éveillant par des questions et, en se faisant, c’est toute la culture qu’il a
éveillée. [6]
Concernant ce dernier, notre hypothèse de travail sera
de considérer la conscience sous deux aspects : une conscience (avec un petit c)
qui est attaché à la forme, fruit de l’évolution de la matière et dont le siège
connu aujourd’hui est le cerveau humain, un des domaines de pointe de la
recherche en biologie humaine connu sous le terme de neurosciences. Nous
appellerons dans la suite de ce travail cette conscience ego,
persona ou personnalité ; puis une Conscience transcendante (avec un grand
C) qui serait le reflet (ou interaction) plus ou moins parfait de la
« lumière » des Manifestations sur l’individu. Nous appellerons dans
la suite de ce travail cette Conscience Ego, Âme ou Être. Cette
approche est en fait très socratique. De plus, cette approche peut être
généralisée à toute forme de vie : minérale, végétale, animale, et jusqu’à
des formes plus abstraites telles que les structures collectives ou
associations, les institutions, les pays, les continents, les planètes (les
sciences ésotériques parlent d’égrégores).
Ainsi, notre hypothèse de travail est de postuler que la
« Lumière » du monde des Manifestations, elle-même émanation de
l’Essence Divine, se reflète sur les formes (corps) du monde sensible et que de
ce reflet naît en fait une double conscience, dont l’une, la face extérieure,
est la personnalité (ego), transitoire, finie, qui doit disparaître car attachée
à la forme (corps) - de ce point de
vue les rationalistes nihilistes ont tout à fait raison -, et dont l’autre, la
face intérieure, est l’Âme (Ego), d’essence éthérique (corps lumineux),
éternelle et infinie qui après la désagrégation de la forme, qui est son point
de départ (processus d’individuation) et son véhicule, continue sous une forme
plus subtile son voyage éternelle et son déploiement dans les mondes sensibles
éthériques qui sont structurés en plusieurs strates note 8 que l’on pourra assimiler aux anciens concepts de
« paradis, purgatoire et enfer », le monde d’Abhá, le monde de l’Être,
et continue par la même de participer à l’évolution de l’Être et de son
actualisation dans les mondes sensibles : notre logos planétaire, le logos
solaire, le logos galactique et ainsi de suite jusqu’à concevoir l’Être suprême
qui représente et englobe l’Univers entier (il faut imaginer ici un modèle
d’inclusion à l’image des poupées russes). Ces Consciences seront évidemment
plus ou moins évoluées selon le degré d’évolution de
note 8 « Quand à ta question concernant les mondes de Dieu, saches en vérité que ces mondes sont infinis dans leur nombre autant que dans leur étendue. Nul ne peut les compter ni embrasser, si ce n’est Dieu, l’Omniscient, le Très-Sage. » Bahá’u’lláh [7]
III. Double support
de la conscience – nature divine & nature animal de
l’Homme
IIIa. Corps - Âme – Esprit
Une des hypothèses de base est donc de s’appuyer sur le très vieux
principe en trois parties qui remonte à Aristote (384 – 322 av. J.-C). Mais
selon Jean-Marc Lepain, Abdu’l-Bahá
applique ce principe dans un cadre non aristotélicien. Jean-Marc écrit :
« Nous pouvons considérer un
« esprit » comme un ensemble de propriétés émergentes de la matière.
Ces propriétés préexistent dans l’Univers de manière non individualisée,
ce que Bahá’u’lláh appelle la préexistence. L’homme est un composé de trois
parties : le corps, l’esprit et l’âme. » [Communication
personnelle]
« Comme le corps dépend de l'esprit et
n'existe que par lui, par rapport à l'esprit, il est une contingence d'essence.
L'esprit, lui, est indépendant du corps, et par rapport au corps, il est une
préexistence d'essence » Abdu'l-Bahá [4].
« L’âme
n’est pas une combinaison d’éléments ; elle n’est pas composée d’une
multitude d’atome, mais d’une substance unique et indivisible ; c’est
pourquoi elle est éternelle. Elle est d’un tout autre rang que les créatures du
monde physique : elle est immortelle » Abdu'l-Bahá [13].
Si nous rapprochons ce triptyque aux enseignements d’Abdul’Bahá dans les leçons de
Saint-Jean-d’Acre [4], nous
pouvons proposer les associations suivantes. De plus en nous appuyant sur
l’article de Louis Hénuzet sur la
« Dimension Spirituelle de l’Homme » [10] nous
pouvons enrichir ces associations avec la correspondance des mots
arabes.
v
« Esprit » çè « Esprit Saint », «C’est l’intermédiaire entre Dieu et la
créature ». « le
Saint-Esprit est l’intermédiaire des lumières sacrées qui viennent du Soleil de
Réalité, et qu’il fait parvenir aux saintes réalités (Les Manifestations
de Dieu). » Abdul’Bahá
[4]
Dans ce contexte, Esprit correspondrait à l’arabe
Rúh. Ainsi, Saint-Esprit serait ici équivalent à Ruhú’l-Quds, et Rúh-i-A’zam (Très Grands Esprits) correspondrait à l’Esprit des
Manifestations.
v
« Âme » çè
« Esprit de Foi » : «Il
vient des souffles du Saint-Esprit et, par le pouvoir divin, il est la cause de
la vie éternelle. C’est ce pouvoir qui rend céleste l’homme
note
9 terrestre et
parfait l’homme imparfait. »
Abdul’Bahá [4] –
Cette dimension correspondrait à ce que
l’on appelle dans cette étude l’Ego,
la conscience avec un grand « C ». Dans ce contexte, Esprit de Foi
serait équivalent à Rúh-i-Insani. Rúh est donc le principe immortel qui survit à la mort
physique. C’est le principe essentiel de l’homme « non composé »
[10]. « Sache, en vérité, que l’âme, après qu’elle a
été séparée du corps, continue de progresser dans un état et des conditions que
ne sauraient changer ni les révolutions des âges et des siècles, ni les hasards
et vicissitudes de ce monde, jusqu’à ce qu’elle ait accédé à la présence de Dieu
… La nature de l’âme après la mort ne pourra jamais être décrite et il n’est ni
opportun ni permis de révéler son véritable caractère aux yeux des
hommes. » Bahá’u’lláh
[15].
note 9 Nous avons beaucoup de difficultés en lisant les leçons de Saint-Jean d’Acre à saisir le sens que Abdul’Bahá donne à la notion d’homme selon le contexte. Parfois le mot homme désigne le corps terrestre, mais il nous semble que dans la plus part des cas le mot homme désigne l’« homme type », c'est-à-dire le Principe Humain et correspondrait dans ce cas à l’Homme final, l’Homme parfait, but de la vie que l’on pourrait associer au logos planétaire. « L’homme n’est pas homme par son corps mais par son âme. L’homme, l’homme véritable, est une âme et non un corps ; bien que – physiquement – il appartienne au règne animal, son âme l’élève au-dessus du reste de la création (…) c’est l’âme qui fait de l’homme une entité céleste » Abdul’Bahá [13]. Shogi Effendi parle d’ailleurs d’une unité organique de l’Humanité au terme du processus de maturation de la civilisation humaine. « Le but de la vie est l’apparition des qualités divines » ; « L’homme, depuis le commencement, existait dans cette forme et cette composition parfaite, il avait l’aptitude et la capacité d’acquérir les perfections matérielles et spirituelles, et il était la manifestation de « Nous ferons l’homme à notre image et à notre ressemblance » ». « Cet homme dont nous parlons n’est pas n’importe quel homme, mais bien l’homme type » [4]. Si l’on veut comprendre les leçons de Saint-Jean-d’Acre, il faut comprendre que Abdul’Bahá, quand il parle de l’homme, parle de l’Homme Type, « l’Esprit de Foi », la conscience avec un grand C, ce que nous appelons Ego. « Toutes les créatures, grandes ou petites, ont été créées, dès le début, complètes et parfaites ; seulement les perfections apparaissent en elles peu à peu » ; « L’esprit humain est un dépôt divin ; il doit traverser tous les degrés, car son passage et son mouvement à travers les degrés de l’existence sont le moyen par lequel il acquiert les perfections ». [4]
v
« corps » çè Le corps
de l’homme (Jism en arabe) est une combinaison de plusieurs
« Esprits ». Si l’ego disparaît à la mort, les autres esprits et leurs
véhicules correspondants reprennent leur propre degré de liberté et leur propre
temps d’évolution (notamment pour les composantes minérales et atomiques). Dans
cette approche le corps physique de l’homme est considéré comme un agrégat de
plusieurs corps de niveau inférieur (animal, végétal, minéral,
atomique).
o
« Esprit humain », colorée si
l’on peut dire par l’existence terrestre. Abdul’Bahá nomme également cet
« Esprit humain » l’« âme douée de raison » qui découvre et
comprend le monde contingent grâce à la raison, mais assisté de l’«Esprit de
Foi ». Cet « esprit humain » est polarisé. « Cet
esprit humain a deux aspects, il est ou divin ou satanique ; ou bien
capable de la plus grande perfection, ou bien il est capable de la plus grande
imperfection. S’il acquière des vertus, l’homme devient la plus noble des
contingences, mais s’il acquiert des vices, il sera la plus vile des
créatures. »
[4]. Cette
dimension correspondrait à ce que l’on appelle dans cette étude l’égo, la conscience avec un petit
« c », c’est notre personnalité
contingente.
Dans ce contexte l’esprit doué de raison, à son plus
haut niveau, serait équivalent à Náfs-i-Natiqih. En effet, déjà dans le Coran serait décrit trois états
de Náfs. Dans les écrits Bahá’í ses états sont un peu plus
développés :
- náfs-i-ammarah
: ego à son niveau le plus bas (Tentations, répulsions, perversions).
- náfs-i-mu’mena
: l’esprit de croyant qui se tourne vers Dieu.
- náfs-i-muquina
: l’esprit de certitude en la réalité de Dieu.
- náfs-i-mutma’innah
: l’esprit serein
note
10 qui est un degré supérieur de
Et enfin, Náfs-i-Natiqih qui serait à ce niveau équivalent à Rúh-i-Insani mais nous supposons que les deux termes permettent de
mettre en évidence un changement d’Etat, une transformation essentielle du
niveau de conscience : l’ego (conscience) devient Ego (Conscience) comme le
papillon sortant de sa chrysalide.
o
« l’Esprit Animal » ou Rúh-i-Hayvani dont la caractéristique est le pouvoir des sens.
« l’Esprit humain se développe et pousse par
l’esprit animal » Abdul’Bahá
[4]. Nous comprenons ici que l’esprit
animal sert de véhicule à l’esprit humain.
o
« Esprit végétal » ou Rúh-i-Nabati dont la caractéristique est le pouvoir de croissance.
L’esprit végétal sert de véhicule à l’esprit animal.
o
Cela
n’est pas mentionné dans le paragraphe XXXVI des leçons de Saint-Jean-d’Acre,
mais nous rajouterons l’« Esprit minéral » ou Rúh-i-Jamadi [10] dont la
caractéristique est le pouvoir de combinaison. L’esprit minéral sert de véhicule
à l’esprit végétal.
note 10 Dans le récit des quatre
vallées de Bahá’u’lláh [11], il est
fait mention de trois vallées successives qu’il faut traverser afin de parvenir
à l’Esprit Serein : la vallée de
Nous reprenons donc cette représentation en trois parties. Esprit / Âme /
Corps. Nous pouvons d’ailleurs retrouver cette représentation dans d’autres
domaines, la religion chrétienne avec le triptyque « Père / Saint Esprit /
Fils » ; l’alchimie avec le triptyque « Soufre / Mercure /
Sel » et le taoïsme avec le triptyque « Yin / Tao / Yang », pour
n’en citer que quelques uns. Nous pouvons même appliquer cette représentation en
trois niveaux à
La science nous montre que la matière telle que nous la voyons
aujourd’hui a émergée il y a environ 15 milliard d’années d’une inconcevable
source d’énergie, d’une soupe de particules élémentaires qui se trouvait à une
densité et à une température extrêmement élevées. La théorie en vigueur parle de
manière imagée du modèle du « Big Bang » mais notons que nous ne
savons rien des conditions initiales. La théorie des physiciens s’arrête à
10-43 secondes après le « Big Bang », ce qui est appelé le
« mur de Planck ». Cette énergie primordiale serait, de notre point de
vue, une actualisation du monde des Manifestations, lui-même émanation du monde
Divin. Evidemment, nous nous plaçons ici dans le monde de l’Être que nous avons
vu précédemment, au sein du monde physico-chimique, monde de la dualité, de
l’espace-temps.
De l’interaction entre l’Esprit, qui représente ici
cette énergie issue du monde des Manifestations, et la matière émerge l’Âme.
Mais cet Esprit va pouvoir également continuer à transformer la matière à
travers le filtre de l’Âme qui va pouvoir ainsi à son tour jouer le rôle d’un
accélérateur, le rôle de canalisateur, de transformateur.
Ainsi, une de nos hypothèses est de dire que toute forme est composée de
deux faces : une face intérieure et une face extérieure, cette idée a été
largement développée par Pierre
Theillard de Chardin (1881-1955) dans son œuvre maîtresse le
« Phénomène humain » écrit en 1948, sept ans avant son décès. Teilhard
de Chardin considérait cet essai comme un mémoire scientifique sur une
« Introduction à une explication du Monde » : à partir de l’idée
que l’esprit de recherche et de conquête (la pensée) est l’âme permanente de
l’Evolution. Cet esprit étudie « ce
que devient et exige l’homme » placé tout entier et jusqu’au bout dans
le cadre des apparences. En effet, pour Teilhard de Chardin l’Homme s’impose
comme la clef de l’Univers. Bon gré mal gré, l’Homme se trouve et se regarde
lui-même dans tout ce qu’il voit. Hors, l’accroissement de vision, c’est un
accroissement de conscience qui supporte lui-même un accroissement d’unité.
« Être plus, c’est s’unir
d’avantage » tels sont le résumé et la conclusion de son œuvre selon
son auteur. [5]
Selon notre approche, la face extérieure dans le processus
d’évolution de la matière va aboutir à l’émergence d’une conscience que l’on
pourrait nommer de biologique et qui correspondrait à notre ego, notre persona, notre personnalité fortement
teintée des propriétés intrinsèques de notre corps biologique. Cette conscience,
avec un petit c, disparaît à la dissolution de la forme, donc à la mort de
celle-ci. La face intérieure vient du processus d’individuation. Cette
conscience, avec un grand C, émerge de l’interaction de l’Esprit sur le corps.
« L’âme de l’homme vient à l’être au moment de
la conception. » Shoghi
Effendi (Lettre du 1er Avril 1946) [10]. Comme nous
l’avons vu plus haut, cette conscience serait en fait l’Esprit de Foi, un
ensemble de propriétés émergentes mais non liées au corps biologique. Selon
Jean-Marc Lepain, cette conscience spirituelle est liée à l’ouverture de l’œil
spirituel ou vision que Bahá’u’lláh
appelle « basar ». Ce mot est un terme arabe qui a lui-même de
nombreux dérivés, mais toujours selon Jean-Marc Lepain, Bahá’u’lláh parle beaucoup du
« basar », de cet œil spirituel, surtout dans les
prières.
Dans le cadre de cette étude nous proposons trois
processus ou mécanismes de base qui, de notre point de vue, agissent sur
l’évolution des formes physiques
note
11 et abstraites, et donc sur
l’évolution de la conscience.
note 11 Si Parménide d’Elée
(v. 504 – v. 450 av. J.-C.) en méditant sur l’Être est parvenu à la logique, Pytaghore (v. 570 – v. 500 av. J.-C.),
lui est parvenu au nombre. Le grand historien de la pensée antique que fut Diogène Laërce (début du IIIe s. av.
J.-C.), résume bien sa pensée lorsqu’il écrit : « Pour Pythagore, le principe des choses est
la monade (unité). De la monade indéterminée est sortie la dyade (dualité),
matière indéterminée soumise à la monade qui est la cause. De la monade parfaite
et de la dyade indéterminée sont sortis les nombres, des nombres les points, des
points les lignes, des lignes les surfaces, des surfaces les volumes et des
volumes tous les corps ». [6]
Le premier mécanisme est le principe de polarisation. Nous
vivons dans un monde de dualité
note
12. Un pôle positif, un pôle
négatif et surtout l’interaction entre ces deux pôles. Cette interaction suit
une loi très simple d’attraction / répulsion qui est à la base de l’ensemble des
propriétés inhérentes de la matière. Il nous semble que la conscience se situe
justement à ce niveau d’interaction : dans la philosophie Taoïste, la
conscience serait donc le Tao issu de l’interaction entre le Yin et le Yang.
Cette polarisation existe à tous les niveaux de complexité des formes
contingentes. Seul les échelles de grandeur ou d’inclusion changent, mais le
principe de base reste le même.
note 12 Si, par opposition à Parménide d’Elée, Héraclite (v. 576 – v. 480 av J.-C.), avec sa philosophie du devenir, a montré qu’il était possible de penser le mouvement et la contradiction sans contradictions, montrant ainsi que le changement c’est aussi la vie et son dynamisme créateur, Empédocle d’Agrigente (v. 490 – v. 435 av. J.-C.) a soutenu que toutes choses sont guidées par l’amour et la haine ou plus exactement le combat (grec polemos) qui doit être compris ici comme un principe de séparation positive.
Le deuxième mécanisme qui découle bien entendu du premier
est le principe d’agrégation et de complexité. Ce qui explique, selon Edgar Morin et Boris Cyrulnik, le principe d’émergence
et de gradualité à la base de l’évolution biologique, de l’évolution des formes
et notamment de l’évolution humaine [8]. Il nous
semble que l’émergence et l’évolution de la conscience suit très précisément
l’émergence et l’évolution des formes complexes, et l’Homme en est un parfait
exemple
note
13 (Evolution progressive des
formes-véhicules (physiques & biologiques) ; révélation progressive
permettant l’évolution progressive de la conscience).
note 13 B.
Vergely écrit « A chaque fois que nous sommes devant un homme vivant,
nous sommes en mesure de le comprendre. Celui-ci est multiple et divers. Son
corps, sa vie sont devenus langage. Hors qu’est ce que le langage sinon le fait
de lier et de délier sans cesse du sens à travers les mots ? N’est-ce pas
le propre du langage de fixer le sens des choses et de faire circuler et évoluer
ce sens sans que cela ne se contredise ? ». Si le corps et les
actions de l’homme peuvent être vus comme un langage, alors que dire d’un
ensemble d’hommes. « Ce n’est donc pas par hasard si les
interrogations des penseurs de l’Antiquité ont fini par converger vers les
questions de
Enfin, le troisième mécanisme ou plutôt constat, est le
concept de fractales. Ce concept a été inventé en 1962 par le mathématicien
français Benoît Mandelbrot (1924 - )
qui observé des propriétés émergentes en économétrie puis dans la nature toute
entière. Pour faire simple, une fractale est obtenue par répétition ou itération
d’une même opération sur chaque tronçon d’une forme. Les courbes fractales
possèdent la propriété d’autosimilarité : chaque tronçon grossi est
semblable à la courbe entière. Benoît Mandelbrot remarqua que les formes
naturelles répondaient souvent à des propriétés de ce type : contour des
nuages, méandres des rivières, un flocon de neige. Les équations qui conduisent
à des formes fractales sont beaucoup utilisées en réalité virtuelle et dans
l’art.
Il nous semble que la conscience suit cette théorie
fractale selon l’échelle à laquelle on se place, de l’atome à l’Univers dans son
entier. Cette proposition est sans doute osée, mais nous pensons même que
l’accroissement de la conscience est une fractale note 14. Car, justement le processus de croissance de la
conscience suit une loi itérative sur des niveaux de plus en plus complexes et
englobant : consciences minérale et végétale (infinitésimales) ;
conscience animale (très pauvre) ; conscience humaine qui doit aboutir vers
une conscience globale planétaire, une conscience parfaite à l’échelle de notre
humanité. « L’esprit de l’homme fait vivre le
corps de l’homme. De même, le monde est comme le corps et l’homme comme
l’esprit ». Abdul’Bahá
[4].
note 14 Le principe
géométrique ternaire peut être vue justement comme une fractale. C’est
finalement la manifestation des deux premiers principes : le principe de
polarité et le principe d’agrégation. En effet, si nous généralisons ce modèle
toute forme peut être vue comme un principe ternaire : un pôle positif,
masculin – Esprit ; un pôle négatif, féminin – le corps ; et
l’interaction de ces deux pôles – l’Âme, c'est-à-dire
Forts des définitions que nous
venons de voir, des postulats et hypothèses nous en arrivons donc à la
proposition principale ou à la partie appelée dans cet exposé : conscience
biologique, conscience transcendante.
IIIb. Conscience biologique / conscience
transcendante
Nous avons vue que le concept de conscience nous amène au principe
d’intelligence, d’ailleurs Bahá’u’lláh utilise, nous semble-t-il,
plus ce dernier terme pour parler de la conscience. Nous avons vu que
l’intelligence renvoie à des propriétés intellectuelles, donc au cerveau. Or les
capacités cognitives sont liées aux propriétés du cerveau. Tout d’abord ses
capacités de perception du monde, de l’environnement qui l’entoure et qui inonde
le cerveau de signaux qu’il faut percevoir bien sur, puis analyser, interpréter,
comprendre c'est-à-dire dé contextualiser ou replacer dans un modèle de réalité
plus vaste. Nos cinq sens (Vue, Ouïe, Odorat, Toucher et Goût) sont donc
indispensables à ce travail. Ces cinq sens sont les caractéristiques de l’esprit
animal selon Abdul’Bahá [4].
Mais une autre propriété indispensable est la mémoire,
mémoire individuelle bien sûr, mais surtout notre mémoire collective dont les
supports aujourd’hui sont les livres, les images, les sons et mêmes les
odeurs ; ce que l’on appelle la culture. D’autre part, le cerveau, grâce à
la raison, a cette capacité d’abstraction et donc de modélisation ce qui lui
permet de représenter un modèle de monde, une certaine réalité. Et à partir de
là, de pouvoir grâce à ses talents technologiques, modifier, transformer le
monde dans lequel il vit et se développe. Le monde transforme l’homme, mais
l’homme transforme le monde. L’Homme se transforme et il transforme l’humanité
et fait évoluer la conscience de cette humanité. Mais l’Homme n’est pas seul, il
est guidé par une conscience bien plus vaste …
En effet, notre réflexion nous amène à penser qu’il existe une autre
réalité, une autre conscience émergeante de l’interaction entre ce premier
niveau de conscience et l’action d’une autre réalité, la réalité du monde des
Manifestations. Nous avons montré plus haut dans ce document que cette
conscience émergeante, l’Esprit de Foi que nous appelons dans cette étude Ego et qui est la manifestation de
notre individualité éternelle, céleste, assiste ce premier niveau de conscience,
l’Esprit humain que nous appelons dans cette étude ego et qui manifeste notre personnalité
contingente. De notre compréhension, ces deux consciences sont issues de la
réflexion de
Se pose ici la question évidemment du support de cette
conscience transcendante. Aussi loin que nous permettent nos connaissances nous
ne pouvons que proposer les particules les plus élémentaires de la physique
quantique. Mais les physiciens atomistes et les astrophysiciens parlent
aujourd’hui d’une matière encore plus subtile, une matière noire qui
constituerait en fait la masse la plus grande de matière au sein de l’Univers et
qui expliquerait le phénomène d’expansion exponentiel de ce dernier. Nous
pensons que cette Force agit
sur la conscience transcendante qui agit à son tour, par le biais de l’intuition
ou des visions, sur notre conscience biologique qui nous permet alors de
transformer la matière, de transformer la vie dans laquelle nous sommes
immergés. Mais nous voyons ici la difficulté sémantique, nous devons utiliser le
même terme, le même mot, en l’occurrence celui de conscience, mais à des niveaux
totalement différents et dans des contextes très différents également (voir plus
haut la notion de fractales). D’où la très grande difficulté de cette étude,
mais également la difficulté des traductions des textes Bahá’í :
conscience, intelligence, raison, âme, esprit, propriétés intellectuelles, etc.
…. Mais c’est justement là que nous avons besoin de la théorie des fractales, de
la loi d’agrégation et du principe de polarité pour construire notre modèle. Car
finalement on parle de la même propriété mais à des niveaux de complexité ou de
subtilité différents. Par analogie, à ce niveau,
Donc, l’homme fruit de l’évolution au sein du monde physico-chimique, le
monde de l’Être, perçoit l’environnement dans lequel il baigne grâce à des
propriétés sensorielles qui vont permettre, lui permettre, d’interpréter, de
conceptualiser, de modéliser les informations qu’il perçoit. Cette vision de
l’homme est le thème de l’ensemble des recherches scientifiques dites
classiques. Mais nous introduisons ici une autre dimension qui est l’action du
monde des Manifestations. De cette interaction entre le monde physico-chimique
et le monde des Manifestations va émerger deux
consciences :
-
Une
conscience biologique (ego),
contingente, à la base de notre personnalité. Cette conscience, dans ce que Bahá’u’lláh appelle la « Patrie de poussière », notre
monde contingent, disparaît à la mort. Et de ce fait les matérialistes
nihilistes n’ont finalement pas tord dans leur vision du monde.
-
Une
Conscience transcendante (Ego), qui est le fruit du processus
d’individuation. Cette Conscience ou Esprit de Foi, l’œil spirituel ou
« basar » pour reprendre le terme de Bahá’u’lláh, assiste, au travers de
l’intuition et la vision, l’esprit humain dans sa compréhension des mondes.
Cette conscience (Esprit de Foi),
au travers de ce que l’on appelle l’âme, va continuer son évolution dans les
mondes de l’Être, dans le « Ciel d’Eternité » avec le seul
objectif de s’approcher du seuil de ce que Bahá’u’lláh appelle la « Cours de Sainteté » qui se
trouve juste à « l’Horizon de l’Unité ».
« L’âme qui est restée fidèle à la cause de
Dieu … possèdera, après son ascension, un tel pouvoir que tous les mondes créés
par le Tout-puissant en bénéficieront. Une telle âme fournit, par ordre du Roi
des perfections, le Divin Educateur, le pur levain qui fait lever le monde de
l’être, et crée la puissance par laquelle se produisent tous les arts et toutes
les merveilles du monde ». Bahá’u’lláh (Extraits – Tablette à
Muhammad Ali [10]).
Ainsi l’Esprit de Dieu EST, il n’y a ni Espace, ni
Temps, tout est réalisé. De ce monde Divin émane l’Esprit de Dieu, le
Saint-Esprit. Le monde non sensible des Manifestations est
Sous
Nous limiterons donc cette étude à la conscience/ego, seule
accessible. Nous nous proposons de développer plus en détail ce thème
d’étude qui sera un travail de longue haleine, au travers de trois niveaux et
des textes disponibles relatifs à ces trois niveaux : Les religions, les
philosophies et les sciences du vivant. En effet, l’action de l’Esprit de Foi
agit non seulement dans le domaine des religions mais également dans le domaine
de la philosophie et de la science
note
15, même si cette dernière ne
reconnaît pas la réalité des mondes intérieurs. Concernant les sciences et les
religions, Abdu’l Bahá écrit :
« Nous pouvons comparer la science à une aile
et la religion à une autre aile. Pour voler, l’oiseau a besoin de deux
ailes ; une seule lui serait inutile. (…) Efforçons-nous sincèrement d’être
des instruments d’union entre la religion et la science » [13]. Il écrit
également : « Certains piliers ont été érigés comme
supports inébranlables de la foi de Dieu. Les plus puissants en sont l’étude et
l’usage de l’intelligence, l’élargissement de la conscience et la pénétration
des réalités de l’univers et des mystères cachés de Dieu tout-puissant.
Promouvoir la connaissance est donc un devoir inévitable imposé à chacun des
amis de Dieu. »
[2].
note 15 On peut en fait ajouter que l’Esprit de Foi inonde toutes les activités humaines : artistiques, technologiques, économiques, politiques, etc.
IIIc. Evolution de la conscience au travers des Sciences
& Religions
Il faut rappeler que la religion, ou plus justement le
sentiment religieux est apparu bien avant la science. On parle dans ce cas des
religions préhistoriques. Selon les paléontologues, on trouve avec certitude des
signes d’une activité religieuse dans
Vient enfin la quatrième religion révélée à la fin du
XIXe siècle en Iran :
Pour être complet, sachant que nous ne serons pas
exhaustifs évidemment, il y a enfin les religions et croyances asiatiques :
le shintoïsme qui désignent les religions anciennes du japon prébouddhique, le
taoïsme qui est apparu vers le Ier siècle avant J.-C., le
confucianisme (VIe siècle avant J.-C.) sans doute à considérer plus
comme une philosophie morale et politique basée sur la vertu ; et enfin la
religion Sikh qui est née en Inde au XVIe siècle et qui emprunte à
l’Islam et à l’Hindouisme. Nous n’oublierons pas, non plus, toutes les religions
du sud et du nord de l’Amérique actuelle, les Incas, les aztèques et autres
grands peuples Amer indiens. Il y a bien entendu beaucoup d’autres religions que
nous n’avons pas citées.
Concernant les sciences maintenant, il est classique de
faire remonter les prémisses de la science à
En effet, cette grande révolution conceptuelle du
VIe siècle avant J.-C. va être suivie, quelques siècles plus tard, au
XIIe siècle, par une deuxième grande révolution qui est la révolution
technologique. A partir du XIIe siècle on passe doucement dans un
univers de machines : engrenages, poulies, manivelles, pompes, etc. … et
c’est au XIIIe siècle que la science prend réellement son envole avec
Roger Bacon (1220-1292), envole qui
va s’accélérer avec le fameux « Discours sur la méthode » de René Descartes (1596-1650),
mathématicien, physicien et philosophe français du XVIe siècle. De
cet univers de machines qui se développe à partir du XIIe siècle nous
allons graduellement glisser vers une machinerie de l’univers, pour reprendre
une phrase de Roger Durand, grâce
entre autre, à Galileo Galilée (Galilei - 1564-1642), physicien et
astronome italien et Isaac Newton
(1642-1727) physicien, mathématicien et astronome anglais vers le
XVIIe siècle. Le monde est vu alors comme une immense machine ou tout
devient prévisible. Les machines qui vont devenir un moteur essentiel (c’est le
cas de le dire) au développement des sciences. Même le corps humain est
considéré comme une machine, une usine chimique. C’est d’ailleurs toujours le
cas aujourd’hui avec l’extraordinaire développement des nano techniques en ce
début de XXIe siècle. Mais cette Machinerie de l’Univers où tout est
prévisible va être mis à mal dès le début du XXe siècle avec
l’émergence de la physique quantique, la relativité d’Albert Einstein (1879-1955) et la
théorie du chaos déterministe où l’on s’aperçoit que tout n’est pas si
prévisible que l’on pouvait le supposer, notamment dans l’infiniment petit dû à
l’indéterminisme quantique.
La science apparaît donc comme un ensemble cohérent de
connaissances relatives à certaines catégories de faits, d’objets ou de
phénomènes obéissant à des lois et vérifiées par les méthodes expérimentales et
à la mesure. La science est avant tout une méthode et soulève toujours plus de
questions qu’elle ne donne de réponse. Il ne faut donc pas non plus tomber dans
le scientisme et faire de la vérité scientifique, elle-même, un dogme et par
conséquent, paradoxalement une religion. Les découvertes et les lois
scientifiques sont relatives à l’état de la connaissance à un temps donné, ces
connaissances évoluent sans cesse, c’est le credo, en fait, de la science. John Sepkoski (1948-1999), professeur
de paléontologie à « Brown University » aux USA, nous dit à propos des
découvertes scientifiques : "Il ne peut y avoir de version définitive,
mais seulement le plaisir de découvrir les nouvelles perspectives révélées par
les dernières connaissances en date, que d'autres progrès amèneront
ultérieurement à réviser ou à remplacer ». Il est très intéressant
d’ailleurs de noter que cette notion de relativité, chère à la physique de la
fin du XXe siècle, est également reprise dans
Insistons, à nouveau sur le fait que les sciences, comme
les religions cherchent à comprendre les mêmes énigmes de la vie, même si on
peut avoir le sentiment que les religions tentent aussi de calmer, depuis la
nuit des temps, le vide métaphysique de l’homme face à la mort. Il est bon de
rappeler, quand même, que les sciences et les religions ont très bien coexistées
depuis la période Grec, cinq siècles avant Jésus-Christ, jusqu’aux environs du
XVIIIe siècle. Puis les choses se sont gâtées entre la science
moderne naissante et la religion, incarnée en occident par la puissante et
terrible Eglise Catholique Romaine. Les scientifiques modernes, à partir de
R. Bacon, ont payé chèrement l’émergence de la science, on peut citer
Galilée et Buffon (George-Louis Leclerc 1707-1788) obligés de se
rétracter, Giordano Bruno (1548-1600) brûlé vif comme beaucoup
d’autres par l’inquisition. La science moderne s’est développée dans les
premiers temps de son existence sous l’oppression de la religion. Ce qui fait
dire à Guillaume Lecointre, chercheur au département du Muséum national
d’histoire naturelle, que la science moderne s’est développée contre la
religion. Ceci peut expliquer l’attitude de bon nombre de scientifiques, une
conscience collective brutalisée et donc méfiante.
Malheureusement, les conflits avec l’Eglise catholique
étaient inévitables. Le premier coup de grâce est donné au dogme géocentrique
par l’œuvre de Nicolas Copernic
(1473-1543), en 1543, on parlera bien plus tard de la révolution
copernicienne. En 1633, ce sera le fameux procès de G. Galilée à qui on ne reprochait pas
tant de faire de la science, mais de dire que la science était l’un des aspects
de la révélation divine, au même titre que les textes sacrés. Puis au
XIXe siècle, le conflit entre l’Eglise et la science va
malheureusement devenir très aigu avec Charles Darwin (1809-1882) qui en 1859
porte un coup fatal au dogme anthropocentrique avec sa théorie de l’évolution
qui va devenir, au même titre que la révolution copernicienne pour
l’astrophysique ; la révolution darwinienne pour la biologie du vivant et
qui va provoquer un divorce profond entre la religion, en fait l’Eglise
catholique, et la science et avec toutes les conséquences que nous connaissons
aujourd’hui. Il faudra en effet attendre la fin du XXe siècle, il y a
tout juste 5 ans, pour que le pape Jean-Paul II reconnaisse l’évolution comme un
élément de vérité.
Ainsi, au début du XIXe siècle deux courants culturels
vont se dégager et s’affirmer. D’un côté, la séparation déclarée entre science
et religion. A la science la matière, le naturel – à la religion, l’esprit, le
surnaturel. La science, devant ses succès incontestables, prend des ailes :
le monde est uniquement matériel, la pensée religieuse est infantile, la science
doit pouvoir découvrir la vérité absolue des choses. Le scientisme était né.
D’un autre côté,
Cet extrait est plein de sagesse et
de bon sens. Il est question de cohérence, terme chère à un esprit
scientifique ; il est question de dialogue, et surtout de recherche
d’unité, terme chère à une approche Bahá’íe. Cet homme cherche une cohérence
dans l’approche scientifique, il cherche également une cohérence dans une
démarche théologique et enfin, il recherche une cohérence, des points de
rencontre, entre les deux approches tout en évitant des pièges tels que le
concordisme. Ce scientifique religieux trace donc un trait fort et plein de
promesse entre la démarche scientifique et la démarche religieuse, tentant de
trouver dans celles-ci une même spiritualité.
Nous nous éveillons dans un mode de formes, de matière.
Nous ignorons le pourquoi de cette réalité dans laquelle s’éveille notre propre
réalité. La question centrale est donc la vérité de cette réalité, hors la
vérité de cette réalité, de ce monde visible, tangible, palpable, renvoi
obligatoirement à une autre vérité, à la vérité d’une réalité invisible, d’une
cause au delà des causes … du sens profond de ces deux réalités. Jean-Michel
Maldamé nous dit que l’esprit aspire à la cohérence, que l’esprit aspire
également à l’unité, car l’unité s’appuie sur la cohérence, est ce qui est
cohérent peut être considéré comme vrai par l’esprit, par notre intellect, par
notre conscience, même si cette vérité est relative et transitoire. Que ce soit
au travers des sciences depuis les Ecoles Grec cinq siècles avant Jésus-Christ
et plus précisément depuis Roger Bacon au XIIIe siècle, ou que ce
soit au travers des religions depuis les religions préhistoriques, ou les
religions révélées, la conscience de l’homme cherche à comprendre la réalité du
monde visible et invisible, puisque ce monde invisible est le monde qui se
trouve au delà de la mort. Pourquoi donc mettre une frontière entre ces deux
approches, surtout en réalisant aujourd’hui que sciences et religions
reconnaissent l’état relatif et transitoire des connaissances acquises à un
instant de notre histoire. Ce qui est vrai aujourd’hui ne sera plus tout à fait
vrai ou incomplet demain …
Nous vivons dans un espace temps. Un espace car fait de formes en trois
dimensions, et un temps car il y a toujours un avant et un après. Et cette
espace-temps évolue, ce complexifie … de cette complexité croissante, naît la
conscience, disons une conscience (il s’agit ici de l’ego, la conscience avec un
petit c). Et cette conscience voit, réfléchie et pose des questions ; elle
peut également poser des hypothèses, élaborer des expérimentations et observer
et analyser les résultats qui permettront ou non de confirmer les hypothèses, et
bien entendu, d’en proposer et d’en formuler d’autres, de nouvelles hypothèses,
et ainsi de suite, c’est ce que l’on appelle la démarche scientifique … et tout
cela se développe, devient de plus en plus complexe, subtil, pénétrant, et la
conscience se développe et grandit pour devenir de plus en plus vaste, de plus
en plus inclusive. Malheureusement, et c’est souvent le cas, plus de lumière
peut créer de vastes zones d’ombre où se développera l’ignorance, la brutalité,
la sauvagerie et l’extrémisme. Mais cette ombre n’est que provisoire car l’ombre
ne peut triompher de
Pierre Teilhard de Chardin nous dit que l’Esprit est dans tous les degrés de
note 16 Nous
pouvons affirmer avec toute humilité que
Conclusion
inachevée
Nous essaierons dans la suite de cette étude de
travailler sur ce modèle au travers des Enseignements de Bahá’u’lláh et
de ses disciples ; des connaissances actuelles des sciences biologiques et
des enseignements que l’on peut trouver aujourd’hui également dans des approches
philosophiques ; ésotériques et historiques. Nous proposerons ainsi l’état
actuel et relatif de nos réflexions et de notre compréhension au travers d’un
modèle dynamique d’interaction et de relation entre l’Essence Divine, les
Manifestations et les consciences sub-humaines, humaine et supra humaines qui
aboutissent à la conscience de l’Être, l’Ancien des Jours, notre logos
planétaire, pour se limiter à Lui. En fin de compte, comme le suggère la
prière de Bahá’u’lláh citée au début
de cet article, le propos de cette étude est de montrer que
La place de
l’individu ? Cette place est
centrale : au sein de la société car cette dernière est constituée
d’individus et au sein du Plan Divin car il est l’Homme parfait décrit par
Abdul’Bahá et la personnalité de cet
Être cosmique en formation. Osons une métaphore pour les temps présents :
Dieu EST Dieu (Esprit/Père) ; Bahá’u’lláh est la
« Conscience/Ego » du monde des Manifestations ; l’Âme du
Monde (Âme/Saint Esprit); Abdul’Bahá est le prototype de cet Être
parfait cette « conscience/ego » mais cette fois-ci éternelle car
identifié à la personnalité (Homme), la face externe, du corps cosmique
(Fils/corps). Chacun de nous est une cellule de ce corps
cosmique.
Ainsi une première conclusion de cette étude bien
évidemment inachevé sera de démontrer que cette réflexion sur la conscience, sur
les consciences, doit nous conduire vers une redéfinition sans
cesse renouvelée du sens de la vie en général et de notre propre existence en
particulier. Sachant, comme l’écrit JM Lepain, que la compréhension du
domaine spirituel est une des tâches premières de la philosophie de
Bahá’u’lláh, c'est-à-dire une interrogation sur la nature (nature &
Nature) de l’homme. Cette approche nous amènera à considérer la relation entre
l’individu et le Collectif (la partie et le Tout ; les êtres et
l’Être) et dont les Institutions en sont une expression ; ce qui nous
amènera inévitablement à aborder également un peu plus tard la notion de
l’autorité et de la légitimité de cette autorité et à aborder aussi un des
principes essentiels de
Epilogue
"Et je vous dis que la
vie est réellement obscurité sauf là où il y a élan, et tout élan est aveugle
sauf là où il y a savoir, et tout savoir est vain sauf là où il y a travail, et
tout travail est vide sauf là où il y a amour, et lorsque vous travaillez avec
amour, vous vous liez à vous même, et l'un à l'autre, et à Dieu."
Khalil Gibran [9]
Références Bibliographiques
[1] Océan - Bibliothèque de
recherche numérique - Section études, « décisions » (traduction
provisoire).
[2] Océan - Bibliothèque de
recherche numérique - Sélection des écrits d’Abdul’Bahá. 1ère
édition, 1983.
[3] Le petit Larousse illustré
- dictionnaire encyclopédique, édition 1995.
[4] Les leçons de
Saint-Jean-d’Acre - Abdul’Bahá. Presses Universitaires de France, 1954.
[5] Le phénomène humain -
Pierre Teilhard de Chardin. Edition du seuil, 1955.
[6] Les philosophes anciens -
Bertrand Vergely. Les essentiels Milan, 2003.
[7] Océan - Bibliothèque de
recherche numérique - Extraits des Ecrits de Bahá’u’lláh. ISBN
2-87203-017-4
[8] Dialogue sur la nature
humaine - Boris Cyrulnik & Edgar Morin. Edition de l’Aube (poche), 2004.
[9] Le Prophète - Khalil
GIBRAN. Casterman, 1956.
[10]
[11] Les Sept Vallées, les
Quatre Vallées - Bahá’u’lláh.
[12] Océan - Bibliothèque de
recherche numérique - L’art divin de vivre - Bahá’u’lláh. 1984.
[13] Les Causeries d’Abdul’Bahá
à Paris - Abdul’Bahá.
[14] Les Paroles Cachées -
Bahá’u’lláh.
[15] Océan - Bibliothèque de
recherche numérique - Extraits des Ecrits de Bahá’u’lláh - éditions révisée,
LXXXII, 1979.
[16] Livre de Prières Bahá’íes
- Bahá’u’lláh, pp 80-81 – Publié par l’Assemblée Spirituelle Nationale des
Bahá’ís de Maurice, 1997.
Je dédie ce texte à l’Eternelle Féminin. PL.
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