"Ô fils de l'homme ! Caché en mon être éternel et dans l'antique éternité de mon essence, je savais mon amour pour toi, aussi t'ai-je créé. J'ai gravé en toi mon image et je t'ai révélé ma beauté."

      Paroles Cachées - Bahá'u'lláh. [I.1] - p 10 Verset 3.

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~ La Foi Bahá'íe - Historique ~

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Contexte historique [II.1]

La naissance de la foi Bahá'íe se place dans le contexte de l'attente millénariste du XIXe siècle. C'est au début de ce siècle que Miller aux Etats-Unis, entre autres, annonce le Jugement dernier et de ce fait le retour imminent du Christ en basant ses calculs sur certains passages de l'Ancien Testament, notamment le Livre de Daniel. D’autre part, apparaît en Iraq, dans la région de Karbilá, une école Shaykhisme qui insiste sur le fait que le jour du jugement dernier sera précédé de l'apparition de l'Imám caché et que celui-ci était en fait déjà vivant parmi eux. Les disciples de cette école partirent donc à sa recherche. C’est ainsi que l’un d’entre eux, Mullá Husayn, se dirigea avec quelques compagnons vers la ville de Chíráz, en Perse, dans la région appelée Elam dans l'Ancien Testament. Arrivé aux portes de la ville, il rencontra un jeune homme qu'il connaissait parce que celui-ci avait assisté à quelques cours donnés par l’école Shaykhisme.

Le Báb [II.1]

Ce jeune homme s'appelait Siyyed 'Alí Muhammad. Il est né le 20 octobre 1819 à Chíráz dans une famille de marchands. Il était Siyyed à la fois par son père et par sa mère, il était donc un descendant du prophète Mahommet. Comme son père était décédé peu après sa naissance, il fut élevé par un oncle maternel qui le confia à un précepteur pour lui donner une instruction élémentaire. Mais celui-ci, après quelques leçons, reconduisit l'élève à son tuteur car il estimait n'avoir rien à lui apprendre. Le jeune 'Alí Muhammad n'eut donc aucune instruction théologique comme en recevaient ceux qui se destinaient à être mullá. Dans les années 1843 et 1844, il fut l'objet d'expériences mystiques, et dans la nuit du 23 Mai 1844, Siyyed 'Alí Muhammad se proclama l'Imám caché et pris le titre de Báb, qui veut dire la Porte en Persan. Rapidement pendant les jours qui suivirent, dix-huit personnes reconnurent le Báb formant un groupe de disciples connus sous le nom des dix-huit Lettres du Vivant. Le Báb et ses dix-huit disciples forment la première Unité du babisme. Parmi ces 18 disciples, il y avait une femme, Fátimih. L'histoire du bábisme est tumultueuse car il apparaît rapidement que le Báb est une Manifestation de Dieu apportant un nouveau livre et une nouvelle loi. L'exécution du Báb eut lieu le 9 juillet 1850 dans la cour de la caserne de Tabríz. le Báb est accepté par les bahá'í comme l'auteur d'une révélation nouvelle. Il est une Manifestation de Dieu à part entière et a le même rang que tous les autres messagers divins. Mais en même temps, il se présente comme le précurseur d'une révélation plus importante que la sienne, il dira : "Tout ce qui a été révélé dans le Bayán n'est qu'une bague à mon doigt, et en vérité je ne suis moi-même qu'une bague au doigt de celui que Dieu rendra manifeste..."

Bahá'u'lláh [II.1]

Le porteur de cette nouvelle révélation plus importante n'est autre que Mírzá Husayn 'Ali Nuri qui prendra plus tard le titre de Bahá'u'lláh, la Gloire de Dieu. Il est né le 12 novembre 1817 dans une famille riche et importante. Son père Mírzá Abbás est un descendant du dernier empereur sassanide. Bahá'u'lláh a donc une origine zoroastrienne, mais il a aussi une origine sémitique car sa famille remonte à Ketura, la troisième femme d'Abraham. C'est un enfant exceptionnel. Il passait plusieurs mois de l'année dans le palais de Tákur une ville d’Iran où il reçut l'éducation habituelle des gens fortunés. Il fut confié à des tuteurs qui lui apprirent la calligraphie et la lecture du Coran. Toutefois, il ne fréquenta pas les écoles théologiques; son savoir sera donc inné comme le fut celui du Báb. À 14 ans, sa réputation était déjà grande pour ses commentaires et ses interprétations inédites du Coran et des traditions. Bahá'u'lláh accepta la déclaration du Báb à l'âge de 27 ans. Il abandonna tout pour se consacrer à la cause du Báb. Il fit de nombreuses conversions dans sa propre famille et aussi parmi des personnages importants. Mais, ayant pris à plusieurs reprises la défense du Báb, le Premier ministre en fonction à l’époque avait réussi à obtenir du Sháh d’Iran un ordre d'arrestation de Bahá'u'lláh qui fut reçu par le nouveau Grand Vizír. Celui-ci était persuadé que les bábís résistaient à cause du soutien accordé par Bahá'u'lláh et il lui offrit un poste important, celui de Chef de la Cour, mais Bahá'u'lláh refusa. Bahá'u'lláh finit par être arrêté et jeté dans la fosse noire du Siyáh-Chál, une prison terrible où se trouvaient déjà une quarantaine de bábís, mais aussi une centaine de prisonniers de droit commun. Le séjour de Bahá'u'lláh dans cette prison dura quatre mois dans des conditions d'hygiène et de souffrances inimaginables. Ce séjour dans la prison du Síyáh-Chál est un des événements majeurs de la vie de Bahá'u'lláh. C'est en effet au cours de ce moment d'intense désespoir que la révélation descendit sur lui et que s’est imposé à lui la certitude d'être celui que Dieu a choisi, c'est-à-dire celui que Dieu doit manifester selon les termes employés par le Báb.

Le Sháh dut se résoudre à libérer Bahá'u'lláh après les résultats de l'enquête exigée par un haut responsable politique russe. Il n'en ordonna pas moins le bannissement à vie de Bahá'u'lláh qui avait un mois pour quitter la Perse. Tous les biens de Bahá'u'lláh avaient été confisqués, il n'avait donc plus de maison. Le 12 janvier 1853, Bahá'u'lláh et sa famille, accompagnés d'un représentant du gouvernement persan et d'un officiel de la légation russe, prirent la route de Bagdad en Iraq où ils arrivèrent le 3 avril 1853 après un voyage éprouvant au cœur de l'hiver. Mais Bahá'u'lláh décide de quitter Bagdad le 10 avril 1854 pour vivre en solitaire dans les montagnes du Kurdistan, sans dire à personne où il allait. Son souvenir est encore présent aujourd'hui parmi les descendants de ces populations. Ce fut l'occasion de la révélation de quelques écrits d'une grande profondeur spirituelle où Bahá'u'lláh évoque la gloire du très grand Esprit de Dieu qui descend sur lui. Pendant ce temps à Bagdad, la situation de la communauté bábíe se dégradait de plus en plus. Par une série de circonstances, la famille de Bahá'u'lláh eut connaissance de l'existence d’un sage au savoir exceptionnel vivant en ermite dans les montagnes. Elle dépêcha des émissaires pour prier Bahá'u'lláh de rentrer à Bagdad, ce qu'il fit le 19 mars 1856, soit après une absence de deux années. L’ascendant que prenait Bahá'u'lláh sur la plupart de ceux qu'il rencontrait rendait très nerveux le consul persan à Bagdad et des personnages intrigants essayèrent même de faire assassiner Bahá'u'lláh, mais le brigand recruté fut incapable d'accomplir son forfait dès qu'il fut en sa présence. Finalement, Bahá'u'lláh reçu l’ordre de quitter Bagdad avec sa famille sous la pression des autorités Persanes pour se rendre à la Cour d’Istanbul, en turquie. La communauté de Bagdad s'était rassemblée pour fêter le Naw Ruz ou nouvel an Perse de l'année 1863. Dix années s'étaient écoulées depuis l'arrivée à Bagdad. Les bábís étaient joyeux, ils avaient un guide, ils étaient bien considérés par la plupart des gens et étaient unis dans leur amour pour Bahá'u'lláh. Mais au cours de la fête de Naw Ruz, Bahá'u'lláh révéla une épître qui, après une évocation mystique de l'action de l'Esprit Saint, fait allusion à des souffrances à venir. Les préparatifs du départ furent finalement entrepris.

Bahá'u'lláh quitta sa maison de Bagdad le 22 avril 1863 pour se rendre sur les berges du Tigre où une embarcation l'attendait pour le transporter sur l'autre rive et gagner le jardin mis à sa disposition et qui sera appelé plus tard jardin du Ridván. Bahá'u'lláh resta douze jours dans ce jardin au cours desquels il reçut la visite de nombreux disciples et admirateurs. C'était le printemps et le jardin était rempli de fleurs, des roses notamment que Bahá'u'lláh évoquera fréquemment dans ses écrits. Chaque jour, en effet, il révélait une épître que son secrétaire chantait aux amis rassemblés. Bahá'u'lláh déclara sa mission à ses compagnons dès le premier jour et annonça avec beaucoup de joie l'inauguration de la fête de Ridván. Cette déclaration était attendue par beaucoup de compagnons de Bahá'u'lláh, non seulement à cause des nombreuses allusions qui se trouvent dans les écrits de la période de Bagdad comme les Sept vallées, les Paroles cachées ou le Livre de la Certitude, mais aussi parce que le comportement de Bahá'u'lláh s'était modifié au cours des derniers mois.

Bahá'u'lláh fit trois déclarations importantes le premier jour de son séjour dans le Jardin de Ridván :

  • Il interdit le port de tout type d'armes.
  • Il annonça qu'il n'y aurait pas de nouvelle Manifestation de Dieu avant une période d'au moins mille ans.
  • Il déclara que maintenant tous les noms et attributs de Dieu étaient pleinement manifestés dans les choses créées, ce qui impliquait l'avènement d'un nouveau Jour et d'une nouvelle capacité en toutes choses.

    Bahá’u’lláh quitte Bagdad avec sa famille en direction de Constantinople. C'est pendant le séjour à Constantinople que Bahá'u'lláh écrivit ce chef d’œuvre de poésie persane qui dévoile les mystères de l'être humain et indique comment l'homme peut atteindre les sommets de gloire car il est, en réalité, une manifestation du Divin, puisqu'en lui se reflète la lumière de Dieu et qu'en lui sont déposés les signes et les attributs de Dieu, même si ceux-ci restent latents attendant qu'ils se manifestent grâce aux efforts de l'homme pour purifier son cœur. Bahá'u'lláh est une nouvelle fois bannie de Constantinople pour être transféré à Andrinople, puis finalement d’Andrinople à Saint Jean d’Acre près de Haïfa en terre sainte, où ils débarquèrent dans l'après-midi du 31 août 1868. Ils furent dirigés vers la prison que Bahá'u'lláh a appelé par la suite "la plus grande prison". La vie était extrêmement pénible pour les prisonniers, victimes de maladies, comme la malaria ou la dysenterie. C'est surtout 'Abdu'l-Bahá, le fils de Bahá'u'lláh, qui prenait soin de chacun veillant sur la nourriture et la boisson. Le sultan avait ordonnait le plus strict emprisonnement, interdisant tout contact avec la population. Les autorités espéraient ainsi que Bahá'u'lláh et sa famille ne survivraient pas à un tel régime. Mais les autorités locales répugnaient de plus en plus à faire une stricte application de ces instructions. L'hostilité montrée par la population à l'arrivée des exilés faisait déjà place progressivement au respect et à la révérence. Les portes de la prison s'ouvrirent finalement.

    Bahá'u'lláh et sa famille furent transférés dans une maison à Acre car le gouvernement avait besoin des bâtiments de la forteresse pour loger des troupes. La plupart des compagnons de Bahá'u'lláh furent logés dans un caravansérail à proximité. Celui-ci servit de maison de pèlerinage pour les premiers pèlerins qui vinrent à Acre. Des personnages importants y séjournèrent. Cette période connut la révélation d'épîtres importantes. Malgré la rigueur de l'édit du sultan, le gouverneur s'opposa à peine à la visite des pèlerins. Le Mufti d'Acre, qui avait d'abord été très hostile aux exilés, se convertit. Les gouverneurs qui se succédèrent furent de plus en plus favorables aux exilés. L’un d’eux déclara à Bahá'u'lláh qu'il était libre de quitter la ville, ce que celui-ci refusa de faire à cette époque. C'est dans à cette période que Bahá'u'lláh, dans le courant de l'année 1873, termina son Très-Saint Livre, le Kitáb-i-Aqdas, qui contient l'essence même de sa proclamation au monde, achève la série des lettres adressées aux Souverains de l'époque, définit son rang de la Manifestation de Dieu, promise par toutes les écritures, établit son alliance avec ses disciples par la désignation de 'Abdu'l-Bahá comme son successeur et interprète de ses écrits, jette les fondations de son ordre administratif et énonce les lois de la nouvelle civilisation.

    C'est en 1890 que Bahá'u'lláh quitta Bahjí pendant trois mois pour séjourner une troisième fois à Haïfa. Il planta sa tente au pied du Mont Carmel, dans un jardin situé en face d'une maison appartenant à la colonie des Templiers. La quatrième visite de Bahá'u'lláh à Haïfa eut lieu en 1891 où il resta à nouveau pour trois mois. Un jour qu'il se reposait sous un cyprès solitaire à mi-hauteur de la montagne, il indiqua à 'Abdu'l-Bahá l'endroit précis où devait s'élever le mausolée destiné à abriter le corps du Báb qui avait été amené de Perse. Il visita la caverne d'Elie, surplombée par le couvent des carmélites. Il s'arrêta à proximité du couvent sur un promontoire et révéla l'épître du Carmel dans laquelle il décrit le destin de la montagne qu'il compare à l'arche d'alliance et qui sera destinée à abriter les institutions internationales de la foi bahá'íe.

    Pendant la nuit qui précéda le 8 mai 1892, il contracta une légère fièvre qui, bien qu'aggravée le jour suivant, baissa peu après. Il continua à donner audience à certains amis et pèlerins, mais il fut bientôt visible qu'il n'allait pas bien. La fièvre le reprit, plus violente que la première fois, son état général alla en empirant, et des complications survinrent qui aboutirent finalement à son ascension, dans sa soixante-quinzième année, à l'aube du 29 mai 1892, huit heures après le coucher du soleil. La nouvelle du décès de Bahá'u'lláh fut communiquée au sultan dans un télégramme qui commençait par ces mots: "Le soleil de Bahá s'est couché". Le télégramme informait le sultan du projet d'enterrer les restes de Bahá'u'lláh dans l'enclos du manoir de Bahjí, souhait auquel le sultan donna son accord. Il fut inhumé peu après le coucher du soleil, le jour même de son décès, dans une pièce contiguë à l'une des maisons occupées par sa famille et qui est aujourd'hui le tombeau sacré, objet de pèlerinage de milliers de croyants chaque année. Pendant une semaine, un grand nombre de visiteurs, riches ou pauvres, vinrent partager la douleur de la famille. Des notables de toute confession, chiites, sunnites, druzes, chrétiens, juifs, des poètes, 'ulama' et fonctionnaires venaient témoigner leur respect. Des hommages semblables parvinrent de villes lointaines, telles Damas, Alep, Beyrouth et le Caire.

    Ainsi se terminait la seconde période de l'âge apostolique de la foi bahá'íe. Le premier avait été la courte période de neuf années du ministère du Báb. Le ministère de Bahá'u'lláh avait duré trente-neuf ans.

    'Abdu'l-Bahá [II.1]

    Une troisième période allait clôturer cet âge apostolique, les vingt-neuf années du ministère de 'Abdu'l-Bahá, désigné comme Centre de l'alliance de Bahá'u'lláh avec les croyants et l'interprète de ses écrits. Au total cela fait soixante-dix-sept ans de révélations et d'interprétations dont les écrits authentiques sont conservés pour servir de base à une communauté qui allait s'étendre très rapidement à tous les pays du monde.

    Shoghi Effendi [..]

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